23.01.2008
Une phrase pour ma mère : la jubilation au théâtre
Une "phrase" unique, ressassée, scandée de refrains obsessionnels, trouée d'apartés réflexifs et de digressions, s'enroule en un long lamento-bouffe. Son mouvement tente de régler le compte des désirs, des angoisses et des chagrins voués à la figure tutélaire de la mère.
La langue est une maladie contagieuse.
La jouer, (la dire, simplement) s'apparente à une recherche de vaccin.
Il faut s'inoculer à soi-même le germe. tenter de parler cette langue-là, très précisément, son souffle, son rythme.
Il faut faire de son propre corps, de sa propre tête, le terrain de l'expérience.
Et assister chaque jour à l'avancée des dégâts. Jean - Marc Bourg, comédien.
C'était hier soir à La Passerelle (St Brieuc).

Texte de Christian Prigent
Avec Jean-Marc Bourg
Lumière : Christophe Forey
Assistante : Fabienne bargelli
Production : labyrinthes
Diffusion : Théâtre de la tête noire
Le texte est publié aux éditions POL
ma mère
je me souviens,
longtemps je me suis touché pour ça de bonne heure,
du chaud de ses fesses
fesses
non,
pas bon,
encore moins postère,
popotin,
joufflu,
y aurait d'ailleurs pas mal d'abus,
et surtout pas cul,
plutôt derrière,
c'est doux,
c'est dans les tons sans anomalie des chairs familières
Christian Prigent
08:25 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.12.2007
Faut pas payer !
C'est le titre de la pièce créée par l'artiste italien Dario Fo.
Un grand spectacle dans tous les sens du terme; et qui n'en rabat pas d'une once sur la question sociale et politique en Italie. Mais aussi bien en France et quelques autres contrées.
La classe ouvrière, est personnifiée par des femmes et des hommes qui révèlent sur scène leur pleine et entère humanitude. Elle se manifeste sur la base de ses intérêts objectifs : sa survie, ses rêves et ses ambitions d'avenir meilleur. Où il est question de désaliénation et d'émancipation et de pas mal de contradictions qui vont avec. Et croyez moi, ça passe formidablement bien la rampe !
On rit, on grince, on rage, on sympathise et on adhère à cette volonté farouche de se libérer, y compris de ses propres démons.
La pièce, servie par des acteurs et musiciens en pleine forme, mise en scène par un Jacques Nichet révolté, est jouée encore ce mercredi soir à la Passerelle de Saint Brieuc : courez - y !

Quand la grande tradition de la farce italienne se confronte au monde d'aujourd'hui.
À Milan, exaspérées par l'augmentation des prix, des femmes pillent un supermarché. L'excitation monte, les hommes interviennent et ce n'est plus qu'un cri dans le magasin : « Faut pas payer ! ».
C'est la seule de ses œuvres que Dario Fo a intitulée « farce ». À la violence sociale – délocalisation des usines, chômage, faim, perte de logement – il veut répondre par un éclat de rire libérateur. Il fait front et nous demande de ne pas baisser la tête, de ne pas plier devant ce réel qu'il tord devant nous, chauffe à blanc, pousse à bout. Violence et vitalité vont ici de pair. J'ai réuni des comédiens si talentueux et généreux pour cette « comédie italienne »... Ils retrouvent les voies d'un jeu ouvert sur le public, excessif et léger, aussi poétique que le récit du fabulateur. Artiste militant, Fo se sert du théâtre pour débattre. Il fait entendre, d'une voix claire et perchée, la parole de ceux qui n'ont que le droit de se taire. Les luttes sociales – et leurs contradictions – traversent son œuvre.
08:45 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.11.2007
Restez GROUPOV
Avec sa pièce BLOODY NIGERS, la compagnie Groupov nous en fait voir de toutes les couleurs. En fait surtout du rouge - sang, du noir - ébène et du blanc - cassé.
Trois comédiens dans une mise en scène à vous couper le souffle qui réussit ce tour de force de maintenir le spectateur sur le fil du rasoir à la limite du supportable et par moment dans les marges de l'insupportable. Spectacle coup de poing pour que le monde d'aujourd'hui saisisse une occasion de réintégrer les victimes de la marche forcée du monde dans le champ de la dignité humaine ?
Tout est-il donc encore (et toujours ?) trop douloureux pour désespérer d'entammer un jour l'invention d'un autre monde débarrassé de la barbarie ? AFRIQUE, réveille - toi, réveille - nous ... Eveillons-nous à l'HUMANITUDE.
Et MERDE, alors !
08:20 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06.06.2007
Sans tuer on ne peut pas ... de Roland Fichet
Cent pas vers la mort, sa mort inéluctable. Elle marche en direction du lieu de son supplice, condamnée par les hommes,pour cause d'adultère, à la lapidation. Une femme blanche fait sur scène le récit de son agonie. L'homme justice déploie la geste préparatoire des pierres meurtrières. La chienne est là, présente, obstinément, pour nous rappeler sans répit qu'à l'échelle du monde contemporain, le cerveau reptilien est toujours à l'oeuvre en sa cruauté barbare.
Cent pas et plus, cent pas et moins peut-être, effectués sur scène par l'actrice qui ne dit mot mais qui incarne, oui qui in-carne, la corps et l'esprit de chaque femme qu'on assassine au nom du refus d'être soi-même comme un autre.
Et les hommes sont la guerre, et les femmes sont souffrance et jamais, donc, jamais les deux mondes ne se rejoindront, ne s'interpénétreront pour inventer ensemble la paix durable ?
La question est posée en tout cas au spectateur embarqué dans ce périple qu'on voudrait bouclé une fois pour toutes. On craint cependant la spirale infernale. Dans la mise en scène la chorégraphie et la musique sont là pour rendre supportable le propos terrible de cette pièce qu'il faut prendre la peine de supporter afin de ne plus subir l'insupportable. Et re-trouver le plaisir de la liberté des corps et des esprits.
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spectacle Sans tuer on ne peut pas création 2007
de Roland Fichet — mise en scène : Gianni Grégory Fornet
Ballet Atlantique – Régine Chopinot / centre chorégraphique national de La Rochelle
Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine / TNBA
Office artistique de la région Aquitaine / OARA
Association Dromosphère, Pessac
Théâtre de Folle Pensée, compagnie conventionnée, Saint-Brieuc
08:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







