26.09.2008
Et alors, le type ?
Le type, c'était un Trouvère, vêtu d'un manteau, trop long manteau pour lui, trop usé sans doute.
De là où nous nous trouvions, sur le tertre Aubé, il ne pouvait pas nous voir. Par une espèce de trou de verdure, nous l'apercevions qui continuait son manège. On aurait dit qu'il menait à la baguette une cohorte de portefaix. Ces derniers semblaient remonter du port. Sans doute y travaillaient-ils comme dockers. Au nez et à la barbe de cette procession insolite, nous devisions sur le pouvoir d'un seul individu à mener autant d'homme (et de femmes peut-être) vers un but que nous devinions et redoutions à la fois. Au bout d'un moment, mon ami et moi, avons considéré que nous en savions assez et qu'il était plus que temps de passer à autre chose : assez d'en voir de toutes les couleurs, des vertes et des pas mûres, sans agir et avoir prise sur les évènements.
Trouver le sens de tout cela ?
Bah ! "Tout cela" n'avait désormais plus d'importance. Nous décidâmes d'un commun accord qu'il était temps de passer à autre chose.
Nous allions jeter un dernier coup d'oeil panoramique sur l'anse du Légué.
Ensuite, j'irais faire un tour en ville.
(Texte écrit en atelier d'écriture à La Maison Louis Guilloux, d'après LE JEU DE PATIENCE, le 25 septembre 2008)
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24.09.2008
Lumière dans un jeu de patience
Lumière :
Rien ne se compare à ce premier coup de pinceau de lumière au petit matin d’ automne. Tout paysage prend alors une dimension insoupçonnée l’instant d’avant. Comment un peintre pourrait-il résister à cette attirance. Capter la lumière, cela se fait, cela s’impose en vous. Mais la capturer, cela suppose un effort de mémoire, car, il est impossible de l’emprisonner. Tel n’est d’ailleurs absolument pas le propos. La restituer alors ? Quelle arrogance dans une telle prétention. Quoi, alors ? L’artiste se le demande un instant . Un instant seulement, car il n’a pas de doute : là est le rôle, le seul qui vaille qu’on s’y engage, qu’on engage sa vie entière : produire, à sa façon, un lumière, à l’image, à l’image seulement, mais à l’image surtout de ce qu’il vit en cet instant. Il regarde l’heure : il est 8 heure 29, nous sommes le 22 septembre, quelque part en Bretagne.

Il commença un matin par appeler cela ses paperasses électroniques. En hommage aussi à Louis Guilloux qui, dans le jeu de patience se trouve de bout en bout en prise avec ses papiers d’une chronique qu’il peine à boucler. Espérait-il lui aussi aboutir un jour à cette scène finale du roman que l’écrivain briochin livre à la dernière page ?
« J’arrête ici ces notes. Je vais joindre ces pages à mes paperasses et lier le tout, comme je l’ai dit, en un paquet que je déposerai dans le fond de mon armoire. Ensuite, j’irai faire un tour en ville .»
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22.09.2008
Dans le bureau de l'écrivain Louis Guilloux
A l'occasion des journée du patrimoine, rue Lavoisier à Sainrt Brieuc, visite guidée du bureau de l'auteur de la Maison du peuple, le Sang noir et autre Jeu de patience.
Au mur des photos de familiers : le mère, le grand-mère, Lucie Robert et sa mère, un portrait d'Yvonne, sa fille , puis des témoignages d'affinités littéraires toutes amicales aussi : Camus, Malraux, guéheno, Lambert, max Jacob, Palante ...
Et surtout, surtout : les livres, la collection de la NRF, les romans de travail d'un écrivain "établi à son compte". Ses romans à lui, Louis Guilloux, traduits en Espagnol, Russe, et tant d'autres langues.
Car, pour ce qui concerne Guilloux rien n'est plus vrai que cet adage :
"l'Universel, c'est le local moins les murs."
Lisez, re-lisez les oeuvres de Guilloux : de Compagnon à l'Herbe d'oubli en passant par Les batailles perdues, Parpagnco, Absent de Paris, OK Joe, Histoire de brigands et autre Coco perdu, et puis quelques autres encore.

Le bureau, vue côté ville, vue côté mer :
" De mes fenêtres, je découvre d'un côté toute la ville et de l'autre la mer. C'est du côté de la mer que le soleil se lève, il se couche derrière la ville. Quand je suis venu m'installer là, il y a plus de quarante ans, le quartier était tout neuf. C'est à peine s'il existait une douzaine de petites maisons le long du Boulevard Pasteur. On les appelait les "maisons rouges" à cause de leur toit en tuile ..."
L'Herbe d'oubli, page 36.
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11.09.2008
Portes z'ouvertes
Z'avez ti pâ comme moi poireauté une journée entière derrière une table en train d'attendre le passionné d'activités pour le club du troisième âge, alias l'Office des Retraités ou encore le club de la vie resplendie ?
Ben quoi, la vie associative de votre commune, c'est très important, alors, chacun son tour de s'y coller ou de s'y re-coller.
Voici donc, pour occuper, dans les temps morts (si si, y'en a : de 13heures à 14h30 par exemple, temps consacré à la sieste) une proposition d'écriture.
1- prenez deux mots : portes et ouvertes
2- à partir de ces deux mots, fabriquez 4 listes d'autres mots déduits de ces deux là /
exemples : portes, induit potes et serrure (continuez svp)
tandis que ouvertes donnera : vertes et fermées (continuez encore !)
3- vous disposerez ainsi d'un bon stack de mots générés par les deux mots source (portes et ouvertes).
4- avec ces mots, écrivez un texte en vous efforçant d'employer un maximum d'entre eux.
5- voici mon écrit , premier jet produit pendant l'heure de la sieste :
"Mais ouvrez donc les portes
quelque chose couve dans le quartier du port.
Qui règlera cette affaire
sur tapis verts
Au pied d'un chêne rouvre
au jeu de qui cherche trouve
Dans les rencontres entre potes
En RTT
A tort et à travers
Sur inscription ou au passage ? "

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28.08.2008
Le sourire du chat
Après la lecture du Figuier, j'entreprends celle du Sourire du chat de François Maspero, en pensant au présent et à l'avenir aussi.
La force de la littérature, du roman en particulier c'est de nous parler durablement de l'essentiel, par le bias du singulier.

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07.06.2008
Une autre vie pour ma mère
Depuis mon mariage, je vis ici, près de la rivière. C’est une boulangerie,. En face, la minoterie. Le tout appartient à la famille. La famille de mon mari. Je ne me sens pas encore chez moi. Chez nous. La rivière, ma seule distraction. Il est vrai que je n’ai pas eu beaucoup l’occasion d’en fréquenter dans ma vie précédente. Chez nous, à Merdrignac, ce n’était pas dans notre proche voisinage que passait l’Hyvet. A part un ruisseau à sec l’été et en pleine activité l’hiver, je n’ai pas la connaissance de ce monde, nouveau pour moi. De toute façon, le loisir de me promener sur les berges ne m’est pas laissé : je dois assurer en permanence le service dans le magasin. Au besoin, je donne un coup de main à mon mari pour les fournées de pain. Je préfère d’ailleurs être bien occupée pour ne pas avoir affaire avec les autres.
Les autres : ceux d’en face, celle d’à côté.
Celle d’à côté : ma belle-mère. La mère de mon mari plutôt. Elle ne se fait pâs à la nouvelle situation matrimoniale. Elle considère que son fils lui appartient. Vient au milieu du repas, lui fait signe de la rejoindre. Conciliabules dont je ne saurai pas un traître mot. Même pas certaine de revoir mon époux pour la suite du repas. Je supporte. Je me retiens de … N’y tenant plus, un jour, je m’enquiers de ce manège. Le ton monte dès le première réplique du fils. Il a choisi son camp. Maintenant, il hurle. Je n’en crois pas mes oreilles. Pour mieux me faire comprendre mon statut d’infériorité, il me vouvoie :
- vous n’êtes pas chez vous ici. Retournez-donc dans vos terres et votre ferme ! Je suis sidérée par tant de violence, de haine et de mépris. La mère triomphe : elle rejoint son rejeton. Elle en rajoute. Je suis détruite. Mon sort est réglé : je devrai me battre ou disparaître. La guerre, un autre guerre commence.
10:50 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.05.2008
Demain les mères (suite)

Personne d’autre que moi ne l’a remarqué, non, chacun est occupé à finir son assiettée, à boire un coup à la dérobée , à reprendre en chœur la chanson lancée depuis tout à l’heure :
« Boire un petit coup c’est agréable !
Boire un petit coup, c’est doux … »
- Alors, elle ne chante pas la mariée ?
- Regarde plutôt là – bas à l’entrée de la pièce …
- Hein, qu’est-ce que tu racontes ?
- Là, le bonhomme qui nous regarde comme si on était une bande de revenants …
- Oh ! mais, le revenant, c’est lui ! c’est pas nous …
- Germain, eh ! Germain, viens donc avec nous, entre, n’aie pas peur ! Regardez qui est là, c’est Germain ! C’est Germain !
- Germain, quel Germain ? Je n’en connaissons qu’un, de Germain, et il est prisonnier en Allemagne, chez les germains, justement … Et la Germanie, c’est pas tout près d’ici, alors, tu parles, Charles…
- Mais, Bon dieu de Bon dieu, puisque je vous dis que c’est Germain, notre Germain à nous, je sais bien ce que je dis, tout comme !
J’ai envie de lui demander de rentrer carrément dans la pièce. Mais, il n’est pas présentable pour un jour de cérémonie comme celle-là. Oh ! puis zut, qui trouvera à y redire. Hein ? Moi, je ne le connais pas ce Germain. Contrairement à beaucoup de ceux qui sont ici, et d’ici, c’est à dire de la commune de mon mari. Alors, quelqu’un va-t-il, comme moi le repérer et l’inviter, ne serait-ce qu’en bout de table ? Mais non, personne ne le remarque, sauf moi, mon conjoint et peut être un ou deux convives mais qui n’ont pas le courage de lui dire d’avancer, ce pauvre prisonnier qui a dû tant souffrir pendant plus de quatre ans en captivité !
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06.05.2008
Tout va bien
"Guerre,
quelques chiffres,
statistiques, marques, incidents
(conséquences) et çà et là un événement qui ne concerne pas tout le monde"
Cette citation qui parsème les pages du récent livre de Arno Geiger (Tout va bien, Gallimard), comment ne pas la mettre en valeur encore aujourd'hui au regard de ce qui se passe dans le monde globalisé : guerres dites locales, attentats, apartheids en tous genres ?
Oui, tout va décidément mal quand on nous dit sans cesse que "tout va bien".

Arno Geiger
TOUT VA BIEN
DU MONDE ENTIER 432 pages - 22,50 €
La maison de sa grand-mère dans un faubourg de Vienne constitue un héritage encombrant pour Philipp Erlach. Il aurait voulu échapper à l'histoire familiale, mais avec cette grande demeure dont il ne sait que faire, elle semble le rattraper : Richard et Alma, ses grands-parents, qui ne veulent pas jouer le jeu des nazis au moment de l'Anschluss ; sa mère Ingrid, née juste avant la guerre, qui s'éprend de Peter, enrôlé dans les jeunesses hitlériennes pendant les derniers jours de la débâcle, dans Vienne en ruine. La fin tragique de leur mariage laissera Philipp seul avec sa sœur Sissi et un père un peu farfelu…
Tout va bien évoque au présent les grands événements dramatiques tout autant que les petites choses indicibles du quotidien, qui font l'histoire d'une famille, d'un siècle.
TOUT VA BIEN [2008], trad. de l'allemand par Olivier Le Lay, 432 pages, 140 x 205 mm. Collection Du monde entier, Gallimard -rom. ISBN 9782070779871.
Parution : 03-04-2008.
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02.05.2008
Le monde est marrant
Quatrième de couve :
LEMONDE EST MARRANT
Par Christian Prigent
A paraître prochainement

Il ne s’agit pas d’un essai de plus (savamment
pensif, forcément critique) sur la télévision.
Plutôt de la confession d’un qui, presque
chaque soir (aux heures les pires, celles dites
« de grande écoute »), se vautre devant la
boîte à vider les cerveaux. Allumer le récepteur,
c’est ouvrir une encyclopédie des idées
reçues, des idolâtries et des violences du
siècle. Rien de plus navrant que la vie et le
monde vus à la télé. Mais, à ce point de bêtise
et de crudité, rien non plus de plus marrant.
Suffit de recopier, en à peine accéléré, pour
tout faire tourner en farce : JT saucissonnés,
séries en solde, pubs bouffonnes, cérémonies
météorologiques, sitcoms ménagers, feuilletons
tiroir-caisse, docu-fictions en peau de
lapin pour les presque nuls. Et hop, zapping,
moteur : c’est guignol, c’est carnaval !
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09.04.2008
Les effacés
"Ce qui perdure de la part invisible d'étranger de chacun d'entre mous"
Trois jours, trois nuits d'un groupe de clandestins.
Menés par un passeur, ils marchent dans la montagne.
"Et chacun de nous n'est qu'une anecdote"
L’auteur
Sylvain Coher est né en 1971. Il vit à l’ouest de la France, près de Nantes. Il a publié trois romans aux éditions Joca Seria, dont Facing en 2004, et Fidéicommis en 2006 aux éditions Naïve. Il a été pensionnaire à la Villa Médicis à Rome en 2005-2006.
Projet -théâtre en création par la compagnie de l'Arpenteur de Rennes .

Depuis une année, il est l’auteur associé du Théâtre de l’Arpenteur (Rennes) pour le projet « Frontière », un ensemble de rencontres de 2008 à 2009 : film, spectacle et livre, autour du thème de l’identité commune aux français issus de familles émigrées de plusieurs générations.
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