04.06.2008

Une autre vie pour ma mère

Nos mères, à nous autres, les "baby-boomers" ont tant fait pour que leurs enfants s'en sortent. Et parfois (trop souvent), la coupe de leur sacrifice a débordé :


- C’est à boire, à boire à boire ! c’est à boire qu’il nous faut !
Boire, toujours boire. Boire, encore et encore, comme si quelqu’un ici avait encore soif. Boire sans soif. Boire pour oublier, boire pour se libérer. Boire pour fêter encore et encore la libération de la France. Boire pour croire. Pour croire qu’on est quelqu’un dans cette immensité du monde. Boire, comme Germain, le prisonnier revenu de plus de 4 ans de captivité, pour reprendre sa place parmi les siens. Boire pour voir si on est capable de boire encore plus. Boire sans voir qu’à côté de soi, vit et existe un autre, un être cher. Une épouse, un mari. Je dirige mon regard vers le mien : ses yeux brillent comme ceux d’un vairon. Oui, il a des yeux de vairon ! lui aussi a dépassé la dose prescrite. Ma mère a repris sa place entre ma sœur et mon jeune frère. Le plus âgé est debout derrière sa famille, il va interpréter une deuxième chanson :
- Ah ! le petit vin blanc …

(chronique d'un écrit en cours)
Paulrec

30.05.2008

Restauration et ordre moral

Travail : plus de sueur, moins de sous
Famille : virginité obligatoire
Patrie : boutez donc hors de France ces migrants parasites !

Ce n'est plus une menace, c'est une réalité.

Louis 18, charles 10 et Louis philippe réunis.
Napoléon s'en mêle aussi.

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Deux siècles de recul de civilisation.
Mazette, nous voilà donc en Voyageurs de l'Histoire.
Jacques Martin, reviens, ils sont devenus fous !

23.05.2008

1944 : d'après la photo d'un mariage

A table, devant chaque convive, le cornet de jambon-macédoine s’offre dans chaque assiette. Le pain trône en abondance au milieu de la nappe blanche : c’est pas tous les jours qu’on marie un boulanger, fils et frère de minotiers !
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- Déboutonne donc ta veste : elle te boudine, on dirait un premier communiant !
Dans l’assistance aux alentours, on rit à peine : chacun sait, et pour cause le mal qu’on a eu ces dernières années à se procurer le moindre vêtement neuf à sa taille et encore plus un costume de marié. Alors, non, on ne rigole pas avec ça. La plaisanterie tombe à plat. Comme pour détourner l’attention et décoincer les esprits, un chant s’élève, comme un appel au secours :
- Au feu les pompiers, v’là l’pichet qui brûle ! Au feu les pompiers …
Les rires complices fusent : les serveuses comprennent qu’il faut se ruer sur le papier en feu qui se consume dans le pot en terre pour l’éteindre en faisant comme si un danger réel d’incendie existait et aller vite le remplir de cidre à la pompe.
Le deuxième plat est maintenant servi : de la langue de boeuf à la sauce madère : bondieu de bondieu, c’est pas tous les jours qu’on s’en met sans retenue autant derrière la cravate ! ça vaut bien un coup d’vin blanc. Allez, et que j’t’attrape la bouteille et que j’t’en r’verse une bonne goulée ! Il n’y a pas que la langue des bœufs qui se fait moelleuse ! A c’t’heure, ça y va les causeries autour de la grande table des mariés !
- Donne à boire à Baptiste, plus qu’il boit, plus qu’il pisse !
- Et toute l’assemblée de partir dans un immense éclat de rire.
- j’âvons t’il du plaisir après tant de misère, soupire la mère du marié qui n’est pas non plus en reste parmi les buveurs.
- Allez , buvons un coup à la santé des jeunes mariés : c’est pas ça qui va nous foutre à bas !
Et la mère de boire cette rasade supplémentaire sans coup férir.
D’autres, en bas de table en font autant et réclament du rabe de patates pour soit-disant éponger le trop plein de liquide. Les serveuses s’affairent pour satisfaire les convives. Voici venu le moment d’une première chanson : ah ! le petit vin blanc …

28.04.2008

Tout le monde n'a pas la chance...

... d'avoir eu un papa poujadiste.
Du moins sous influence poujadiste au milieu des années 50 (on aura compris qu'il s'agit du siècle dernier !).
Alors là :
- pas question pour le boulanger-artisan de payer les "charges sociales", indice flagrant d'une soviétisation de notre économie ...
- rebellion contre la clique de fonctionnaires des impôts (ah ! les "indirects" ...)

Bref : tout fait et bien fait pour détourner les victimes d'un vrai combat contre les véritables responsables de leurs malheurs.


Et que je te râle, et que je te gueule, et que je passe mon temps à rechercher la dernière sommation à payer reçue par recommandé.
Résultats :
- les contrôleurs à la maison
- l'huissier avec son cammandement
- la faillite du petit commerce familial
- la misère vécue dans sa chair
- la honte qui va avec quand on est enfant
- la souffrance des parents sous les yeux des enfants impuissants à la soulager (du moins le croient-ils)

Au fait, pourquoi j'écris cela ce matin ?

Peut-être parce que Christine LAGARDE fait passer en force une "réforme" dite de "modernisation de l'économie" où les gros vont, une fois de plus, engloutir, anéantir, les petits.

C'est dégueulasse.

28.02.2008

Sauvés provisoirement !

"UNE FAMILLE ENFIN REUNIE......

A 16 H Madame Bekay est enfin ressortie libre de la Cité Judicaire de Rennes où elle comparaissait devant le Juge de la Liberté et de la Détention. Le procureur a différé sa comparution au 17 avril prochain à 16 H, en attendant elle devra se présenter régulièrement au commissariat le plus proche de chez elle."

http://sans-patrie.blog4ever.com/blog/lirarticle-146716-667545.html

10.12.2007

L'horloge et le miroir

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Qui peut se regarder dans la glace sans peur et sans reproche ?
- l'enfant qui découvre son visage ?
- l'adolescent(e) qui hait le sien ?
- le jeune adulte qui croit que le monde est à lui ?
- la femme ou l'homme mûrs qui poursuivent leur route ?
- les personnes âgées que la vie ménage plus ou moins ?

Pour eux, le temps passe, jamais ne repasse. pour les plus sages, le temps s'intériorise et fait leur le cadeau qu'ils se sont offert.

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09.10.2007

ADN et manipulations

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Je viens de signer la pétition "touche pas à mon ADN".
Je vous invite à en faire autant.
Vous trouverez l'argumentation sur la page en ligne à l'adresse si jointe.
http://www.touchepasamonadn.com
Pour que jamais plus la biologie ne soit au service de l'exclusion. Sans commentaires superflus !

02.07.2007

Soirée couscous

Pour fêter la victoire d'une lutte exemplaire à Saint Brieuc : couscous entre amis préparé et servi par les amis de Fatiha et Samira sous la houlette de Fatiha herself !
On n'oublie pas les sans papiers non plus.


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Ecoutez COB radio toute la journée de mardi pour en savoir plus concernant La régularisation de Fatiha, Samira et Nacer.

25.06.2007

Deux centième !

Deux cent jours.
Deux cent fois qu'à 17h 30, Fatiaha et Samira se présentent au commissariat dans le cadre de leur assignation à résidence.

Trop, c'est trop !


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CA SUFFIT !

Un titre de séjour peut, en droit, être accordé à Fatiha et Samira, sa fille majeure. Il doit l’être !
Tous les arguments que la Préfecture a opposés en s’appuyant sur des témoins aux méthodes crapuleuses, tombent les uns après les autres au vu des pièces fournies par Fatiha en provenance de diverses administrations françaises.
Pourtant le préfet persiste dans sa volonté d’expulsion. Pourquoi ? Comment peut-il faire foi, malgré les pièces produites, à deux « témoins » en rupture avec la loi française : l’un polygame et auteur de lettres anonymes calomnieuses et ordurières, l’autre auteur de coups et violences volontaires, faits pour lesquels il purge aujourd’hui une peine de prison ? Précisons que les deux se livrent depuis un an et demi à des pressions intolérables sur Fatiha et ses enfants Fatiha et Nacer, son fils mineur: harcèlement moral, menaces de mort, agressions physiques pour leur faire quitter le territoire français !

Nous, citoyens de Saint-Brieuc et des Côtes d’Armor, ne pouvons laisser bafouer Fatiha et Samira qui incarnent dignité, courage et intelligence. Comment oserait-on priver notre ville de cette richesse humaine ?

Les amis de Fatiha, Samira et Nacer

28.05.2007

Ma France

Lisez et faites lire ce beau texte écrit par Samira, jeune fille algérienne menacée de reconduite à la frontière : le service des étrangers de la Préfecture l'accuse entre autres choses de ne pas maîtriser la langue française !
Tous ensemble chaque jour à 17h30 devant le commissariat de saint Brieuc pour les soutenir. Fatiha, Samira et Nacer doivent être régularisés.
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P.rec..

LA FRANCE
Je voulais t’appeler ma France à moi, France à moi, malheureusement tu ne veux pas m’accepter chez toi ! Pourquoi ?
Je ne sais pas si c’est toi qui ne veux pas ou tes politiciens !
Je suis venue chez toi pour des raisons, pourquoi tu ne comprends pas ?
Je suis venue en bateau, j’étais contente de venir au pays des droits de l’homme où l’être humain est respecté quelle que soit sa nationalité, sa couleur de peau ou sa religion. Et surtout les femmes qui se sont battues pendant des années pour leurs libertés.
Pourquoi tu ne me comprends pas ?
Je voulais être ta fille, je voulais que tu sois ma mère, je voulais que tu m’adoptes, que tu me protèges comme n’importe quelle mère qui protège ses enfants, malheureusement tu n’as pas fait ça.
Mais pourquoi ?
Pourquoi tu m’as laissée face a ce préfet qui a la haine envers nous.
Je ne sais pas pourquoi ! ces mensonges, cette injustice, cette inhumanité, cette haine ???
Tu m’as laissée face à ce commissariat, ce commissaire, ce commandant de police et ses policiers qui m’ont mise dans une cellule de rétention moi et ma mère pendant 48h sans manger ni boire et mon petit frère dans un foyer d’enfance.
Pourquoi tu ne me comprends pas ?
Tu m’as laissée en otage chez toi, il faut que je signe tous les jours dans ton commissariat. Mais ça dure longtemps. J’essaie d’être forte, mais ce n’est pas facile.
Parce que tu ne me comprends pas !
Essaie de me comprendre, partage avec moi ma misère, ma tristesse, mon mal, mes larmes, ma souffrance de voir ma famille dans cette état.
Pourquoi tu ne me comprends pas ?
Tu n’as pas laissé ma mère travailler, tu ne m’as donné aucun droit en France, tu ne m’as pas laissé passer mon permis.
Tu ne te demandes pas comment on vit ? Ou tu t’en fous ?
Pourquoi tu n’as pas puni les coupables ?
Parce que ce sont tes enfants ? Parce qu’ils sont français tu les laisses comme ça ?
La bigamie, les violences, les insultes, les menaces, terroriser les autres, c’est interdit, non ?
Alors, elle est où la liberté, l’égalité, et la fraternité ? Elle est où ta réaction dans tout ça ? Rien !
Pourquoi tu ne me comprends pas ?
Je me suis fait agresser le 3 novembre, j’avais mal et j’ai toujours mal.
Pourquoi je suis condamnée à la place des coupables ?
J’ai rien fait de mal, je voulais partager tout avec toi. Mon mal, mon bonheur, mes capacités, ma volonté.
Je veux que tu me comprennes
Mais, je ne t’en veux pas ! Tu sais pourquoi ?
Parce que tu m’as appris à être forte, tu m’as appris que dans la vie il faut toujours se battre, se battre contre les coupables qui font peur. Se battre contre l’injustice et l’inhumanité.
J’ai trouvé chez toi des gens humains qui partagent notre tristesse, nos larmes et notre souffrance.
Des gens qui viennent tout les jours à 17h30.
Des gens qui nous redonnent le sourire, avec qui on se sent protégés.
Des gens qui partagent notre grand combat, et qui n’acceptent pas l’injustice, des gens qui nous donnent l’espoir et nous font aimer la France. Ils ont mal quand on a mal et ils sont contents quand on est content. Et, ce n’est pas fini , il faut que je te remercie aussi, car j’ai appris ta langue, quelle jolie langue la langue française !
Mais il faut que tu saches que tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir, et tant qu’il y a des gens qui nous aiment et qui nous soutiennent on ne baissera pas les bras, et la vie continue.
Beaucoup de questions sans réponses, je sais que tu n’es pas prête à me répondre car tu ne me comprends pas.
Mais je suis sûre qu’il viendra le jour où tu vas me comprendre, le jour ou j’aurai deux mamans l’Algérie et la France, et ce jour là, je t’appellerai ma France.

Samira

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