03.12.2008
Preux, votez aux élections prud'hommales !
Historique
Apparu au XIe siècle, le mot prud'homme provient de preux homme ou prode homme, preux et prode provenant de la même racine latine prode dérivée du verbe latin prodesse : être utile.
Étienne Boileau (1200-1270), prévôt de Paris sous le roi Saint Louis cite l'arbitrage traditionnels des anciens, les « Probi homines », hommes de valeur, prudent et de bon conseil. Le terme prud'homme s'appliquait alors aux « défenseurs du métier »[1] qui intervenaient si un conflit surgissait entre artisans, il était tranché par leurs pairs : les prud'hommes.
C'est sous le règne de Philippe-le-Bel que furent constitués les premiers conseils de prud'hommes. En l'an 1296, le conseil de la ville de Paris créa vingt-quatre prud'hommes et les chargea d'assister le prévôt des marchands et les échevins afin de juger, en dernier ressort, les contestations qui pourraient s'élever entre les marchands et les fabricants qui fréquentaient les foires et les marchés établis à cette époque ; ils allaient, de plus, faire la visite chez les maîtres et peuvent être regardés, par-là, comme l'origine des gardes et jurés établis postérieurement dans chaque communauté d'arts et métiers. Pendant près de deux siècles, la ville de Paris posséda seule des prud'hommes.
Dans plusieurs villes maritimes, notamment à Marseille, il existe un conseil de prud'hommes dont l'origine paraît fort ancienne. Ce sont des prud'hommes pêcheurs qui jugent les contraventions en matière de pêche maritime et les différends entre marins à l'occasion de leur profession de pêcheurs. Cette catégorie de prud'hommes remonterait, croit-on, à l'époque du roi René, comte de Provence (1462). Des arrêts différents de mai 1758, novembre 1776, octobre 1778 et mars 1786 ont réglementé sans beaucoup la modifier cette institution qui traversa sans à-coups la Révolution de 1789, pour arriver telle quelle jusqu'à nos jours, telle qu'elle était dès le XVe siècle.
C'est le 18 mars 1806 qu'une loi créant un conseil de prud'hommes à Lyon est promulguée par Napoléon 1er puis complétée par un décret du 3 juillet 1806. Des tribunaux favorisant la conciliation entre les fabricants de soie et les ouvriers lyonnais (canuts) existaient déjà et servirent d'exemple. A Paris, un conseil de prud'hommes pour les industries métallurgiques est créé en 1845, puis en 1847 des conseils de prud'hommes pour les tissus, pour les produits chimiques et pour les industries diverses.
La République remanie la législation des prud'hommes par la loi du 27 mai 1848, qui confère à l'institution un élément fort de sa forme actuelle avec l'apparition du paritarisme ("employeurs" et "salariés" rendant ensemble les décisions). La loi de 1848 déclarait électeurs pour les conseils de prud'hommes tous les patrons, chefs d'atelier, contremaîtres, ouvriers et compagnons âgés de 21 ans et résidant depuis six mois au moins dans la circonscription du conseil de prud'hommes. Elle déclarait les mêmes éligibles, s'ils savaient lire et écrire et s'ils étaient domiciliés depuis un an au moins dans la circonscription du conseil.
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22.05.2007
Qui veut gagner des millions ?
Qui veut gagner des millions ?
Sarkozy et son équipe « resserrée » veulent donc mettre sans délai en musique cette « douce » chanson de leur campagne électorale : « travaillez plus pour gagner plus ! ». Ce slogan accompagné des pires attaques contre « les fainéants de 68 » a fait mouche dans l’opinion au point que beaucoup ont pu se laisser prendre au chant des sirènes. Mais qui donc peut travailler plus où et comment ?
Ecoutons cette ouvrière de chez Chaffoteaux. Elle a à peine 40 ans et n’en peut plus des cadences infernales, des gestes répétitifs, des conditions draconiennes imposées sur le chaîne. Temps de repos insuffisants, interdiction de parler, et déjà des séquelles physiques irréversibles.
Ecoutons cette infirmière de l’Hôpital de Saint Brieuc : service de plus en plus minuté, polyvalence de plus en plus exigée, travail de nuit de plus en plus fréquent, embauches de moins en moins assurées.
Ecoutons cet ouvrier du bâtiment : durées de chantier de plus en plus réduites, cadences de plus en plus tendues, salaires tenus en laisse, sécurité trop souvent bradée, maladies professionnelles redoutées.
Ecoutons ce jeune diplômé du supérieur qui court les agences d’intérim à la recherche de missions qui n’ont rien à voir avec sa qualification de base : première expérience professionnelle décevante, précarité imposée, avenir bouché.
Ecoutons ce professeur de collège : plus de 40 heures de travail par semaine entre cours, corrections, préparation, dans une éducation nationale soumise aux lois du marché, formation continue inexistante, suppression de postes, menace d’annualisation du temps de travail pour plus de flexibilité en fonction des critères d’austérité dans la fonction publique.
Ecoutons ces salariés d’une usine de mécanique de précision du pays de Saint Brieuc où l’on met fin à 28 contrat intérimaires et on fait passer les CDI de 35 à 39 heures : ils n’ont pas le choix !
Ecoutons ce travailleur privé d’emploi, nié dans sa personnalité, désigné comme parasite social, mis à l’index de la société, bientôt sommé d’accepter n’importe quelle occupation sous peine d’être privé de ses droits élémentaires en tant que chômeur.
A quoi aspirent-ils pourtant ? à des salaires décents, rémunérant le travail fourni reconnu à sa juste valeur, à du respect dans leur métier, gage d’un véritable accroissement de la productivité, à une véritable évolution de carrière, à une valorisation de leur expérience au bénéfice de leur l’entreprise, du service et des publics où ils travaillent .
Chacun d’eux a besoin de la sécurité-emploi-formation tout au long de la vie. Tout le contraire de ce que le Président, adepte de Bush, Berlusconi et Blair, en homme pressé, tel un animateur-vedette de la télé commerciale, veut leur vendre sous l’emballage de son « travaillez plus pour gagner plus ». Tandis que les milliardaires qu’il protège profitent et profiteront comme jamais de ses largesses en tous genres.
08:30 Publié dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








