24.01.2009

De la douceur dans ce monde de brutes (encore un peu)

Trois pousses. La pâte subi trois pousses ; ou, plus exactement, elle en est le siège. Une première au cours de l’opération de pétrissage. Durant le malaxage proprement dit et, aussi le temps qu’elle « repose » entre la fin de celui-ci et le début du pesage et du façonnage. Durant une demie – heure, environ, alors qu’il faut continuer à alimenter le four en gros bois pour le pousser en température, la masse de pâte pétrie commence à gonfler sous la toile de jute dont elle a été recouverte. Elle vit, elle respire. Elle est douce au toucher, la couronne qu’elle forme autour de l’axe central du pétrin est rebondie et je n’ai pas trop le droit de l’importuner en le découvrant un tant soit peu pour la caresser du revers de la main. Je le fais pourtant, profitant de l’inattention passagère de mon père occupé à gaver la gueule le four avide de bois de chauffage. Et puis, cela me donne de l’importance : n’est-ce pas là le geste du professionnel qui vérifie en quelques seconde si tout va bien ?

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