04.09.2009

Temps d'exposition 2

Fanch Moal n’a plus son atelier de peintre à Pont-Croix où il a longtemps exercé. Il travaille et expose maintenant à Douarnenez. Vicissitudes de la vie d’artiste et de la vie tout court ? peut-être. Mais voilà, lui, le né-natif de "la capitale du Cap Sizun", il ne peut se résigner totalement à n’avoir d’yeux que pour le baie de Douarnenez. Certes, il ne dira pas le contraire, cette baie est l’une des plus belles du monde, de quelle que rive que vous la regardiez, mais voilà, il y a pour lui et surtout pour lui, la baie d’Audierne, vaste aussi, de la pointe du Raz à celle de la Torche, mais différente de l’autre, puisqu’ouverte sur l’horizon qui barre l’océan tout d’un trait. Au-delà, c’est l’Amérique « Et comment on fait alors ? – Eh bien c’est simple, demi-tour et cap sur Sainte Edvette ! »

Et sans aller chercher jusque là, sans cette galéjade, il y a le sentier côtier, cette route de «Vent de soleil », chère à Per Jackez Hélias à ce qui se dit du moins, chère aux quelques-uns qui ont lu ce roman éponyme, et j’en suis. Ce sentier qui n’a pas son pareil non plus , qui borde la mer, qui débouche parfois sur une plage, qui s'éloigne d'une falaise trop érodée, bref qui vous emmène aussi dans des marais garnis de roseaux, qui sait aussi border la mer  au socle rocheux, ce plateau continental parsemé de cailloux hostiles qui découragent les accostages sauvages. Faut connaître le coin pour oser débarquer par ici, hormis dans les quelques havres aménagés sommairement ou sur les plages aux rouleaux dévastateurs.  Et Fanch, lui, la connaît par cœur cette côte, en connaît chaque recoin, pas seulement pour les avoir fréquentés comme marin, les avoir appris de par ses maîtres navigateurs, mais pour les avoir dessinés et peints presque mètre après mètre au cours de sa déjà longue carrière d’artiste. Des marines diraient les critiques un peu pressés, et qui ne l’est pas quand il s’agit de chroniquer un papier suite au vernissage annuel ou à la demande de promotion de sa production par l’artiste lui-même ? Mais, dans le cas de Fanch, c’est bien plus que des marines, bien autre chose plus exactement. Certes, beaucoup de ses personnages sont des travailleurs de la mer : pêcheurs à quai ou à bord , charpentiers de marine, manutentionnaires de criées ; embarcations diverses : plates, chalutiers, langoustiniers, ligneurs, bateaux de sauvetage ; villes et bourgades côtières : ruelles dans la pénombre d’un jour d’été, salles de café où l’on tue le temps à terre, marchandes de poisson derrière leur étal. Tout cela dans des tons bleus, jaunes rouges dominants. Mais, je dois à la vérité de dire que Fanch dépasse ce seul genre avec ses paysages dans les dunes, ses portraits d’hommes et de femmes au travail, ces gestes fixés sur la toile et qui pourtant font mouvement. Tout chez lui est rythme, vibration, tempo : une peinture de jazz où la maîtrise le dispute à l’improvisation de qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

ce que je cherchais, merci

Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009

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