03.09.2009

Temps d'exposition 1

Minick Jodor peint en public. Tout au moins, en ce moment où je la découvre, elle prend un croquis du port d’Audierne. C’est une aquarelliste. Je sais d’emblée son nom car elle a posé son séant  sur un siège « metteur en scène » sur lequel on peut le lire. Cela ne fait pas de doute : elle désire se faire connaître et reconnaître. Elle a profité d’une avancée, genre belvédère sur l’estacade face à la maison de la presse pour s’installer derrière son chevalet et disposé aussi quelques uns de ses tableaux, mais également un carton porte-dessins pour mettre à la vente  ses œuvres qui ne représentent que des lieux reconnaissables au premier coup d’œil : le clocher de la basilique de Pont-Croix, l’église de Poulgoazec, le port d’Audierne bien sûr, quelques vues du Goyen sans doute. Je m’assois sur le muret qui sépare les planches et la route. C’est jour de marché, début août qui plus est. Nul doute qu’elle aura du passage. Je n’y serai pas tranquille, c’est certain. A 11 heures, c’est tout le gros des vacanciers qui déferle vers la place centrale. Quelques badauds jettent un œil furtif sur l’exposition sauvage. Un amateur tourne les feuillets plastifiés du grand carton à dessins. Il glisse à Minick que lui aussi s’emploie à cet art de l’aquarelle, oh ! en amateur modeste bien sûr …Elle ne le retient pas plus que ça et il comprend vite que l’échange de pratiques n’est pas le fort de la bougresse. Un couple qui semblait avoir mordu à l’hameçon  s’éloigne de son centre d’intérêt :

- ça vous plaît ? faites-vous plaisir, prenez-en un pour vous !

Pas de réponse  des rôdeurs, sourires niais de l’homme et de la femme, qui ripent leurs savates.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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