30.01.2009

Ah, ça ira, ça ira, ça ira !

Reçu d'un ami dans ma BAL à méls

Ce matin j'étais vingt mille
A moi tout seul
Un bon marcheur ne craint pas les kilomètres
Les allées et venues
Les dégagements à gauche et à droite
Les accélérations les coups de frein
Les embardées le pas tranquille
Et jusqu'à l'amble s'il a l'esprit vif mais calme
Et lucide sans inquiétude sûr de lui
Libre de ses mouvements de sa volonté
Mais ce matin le bitume ou le pavé sonnait
Comme une enclume que dis-je vingt mille
J'ai compris pourquoi nulle bagnole, nul poids-lourd, nul taxi, nul autobus
N'encombrait la rue n'avait aucune chance de m'écraser de nous écraser
Chacun de nous chacune vingt mille à soi tout seul une foule un fleuve
Multicolore enveloppé de notes de chants de musiques bariolé de mots
Posés en long en large et en travers sur des bouts de papier de tissu
De la taille d'une ardoise ou vastes comme une voile mouvante et joyeuse
Vingt mille marcheurs ce n'est pas rien il leur faut de l'espace du temps
Une raison d'aller tous dans le même sens un but un désir une passion une folie
Sérieuse celle du temps des cerises qui fait rire autant que pleurer il y avait
Ce matin comme un air de Commune qui chavirait
La houle étonnée heureuse ravie semée
D'écume de couleurs de cris
Un homme à soi seul
Peut être vingt mille
Et quelle force
Et quelle vie
Oui mais me dit ma petite-fille
Souviens-toi
Des canuts
La grève n'est pas que poésie
Même un vingt-neuf janvier
Elle est aussi un poing tendu

(Ah, ça ira, ça ira, ça ira)

JR

29.01.2009

Tension sociale ?



Un ami nous écrit en ce jeudi rouge 29 janvier 2009 (voir aussi ah, ça ira, ça ira,ça ira ! sur orange actualités)



Mais, sous le franquisme
Il n'y avait pas de grève(s)
Il n'y avait donc pas de grévistes
Le droit de grève n'avait pas droit de cité
Pourquoi le mot grève aurait-il même existé?
La grève, les grévistes et le droit n'avaient pas la parole
Les fous héroïques qui bravaient la dictature du garrot
Savaient, payaient le prix de la grève dure et désespérée:
Le licenciement, la détention, la stigmatisation et pour finir
La relégation, la déportation: l'ordre brut régnait, hors la loi.
Est-ce ainsi que doivent vivre les hommes et les femmes
De ce qui fut République et que mettent en coupe réglée
Les petits princes, les malfrats, les caporaux du jour?
Classe ouvrière, tu dois ton titre, ton nom
A ta misère, à ta conscience, à tes luttes:
Ne compte que sur tes forces,
Fais confiance à tes amis -
Ceux qui savent à tes côtés
Qui ont choisi ton camp
Et disent merde à Vauban.
Les Capet à la trappe!


transmis par : Ah, ça ira, ça ira, ça ira!

28.01.2009

Merci Bernard

"L’ironie – mais à l’égard de qui ? – voudrait qu’on rappelât ici qu’au moment de la privatisation de TF1, en 1987, Monsieur Bouygues argua du « mieux disant culturel » afin de l’emporter sur ses concurrents et de s’approprier la chaîne. Ce « culturel » s’est transformé en art de rendre le cerveau humain disponible, art que jusqu’ici aucun régime totalitaire n’avait su pratiquer avec un tel succès. Cette réussite masque son efficacité derrière un commerce qui semble ne concerner que les produits de consommation, car il ne serait probablement pas productif pour Monsieur Le Lay d’expliquer que sa chaîne a pour « vocation » de rendre notre cerveau disponible a – par exemple – les idées de Monsieur Sarkozy. Il ne faut surtout pas prévenir le troupeau humain de l’acheteur auquel on va le céder si l’on veut pouvoir le livrer en bloc et sans problème.
 On aura compris que la disponibilité à laquelle œuvre Monsieur Le Lay avec un pragmatisme admiré par tous les « entrepreneurs » n’est qu’un avatar de la vieille servilité. La société de consommation a besoin de cette servilité pour nous faire croire que nos choix ne sont dus qu’à une information libre , objective et désintéressée"

Bernard Noël
in remue.net

A jeudi soir

Début du crépuscule des "Dieu" de la finance ?
Début du réveil des gueux ?
Fin de l'autosatisfaction zébulonnienne ?

Le 29 va produire du neuf :
"l'émancipation sera l'oeuvre des exploités eux-mêmes"

"Quand les gueux dansent
Les guenilles, les guenilles
Les guenilles vont
Quand les gueux dansent
Les guenilles vont au vent
"
Louis Guilloux, La maison du peuple

"Avez-vous lu le dernier article de Jaurès dans l'Humanité ?
Il sortait le journal de sa poche, et dans le plus grand silence, il lisait l'article de Jaurès...
- Oui, oui, il a raison, criaient les camarades. Celui-là est avec nous.
Un soir, il leur dit :
- Nous ne ferons rien que par nous-mêmes. Il nous faut une maison... Une maison du peuple...où faire nos conférences, abriter nos syndicats...
- Oui...oui...
- Mais il faut la bâtir nous-mêmes.
Ils le regardèrent avec surprise.
- Nous mêmes, dit Maulnay ?
- Et pourquoi pas ?
"
Louis Guilloux, La maison du peuple

A jeudi soir, donc et surtout à vendredi matin !

27.01.2009

Le propre de la fiction 1

A mon Père
A ma Mère

Ceci est un roman. Je ne décris pas les évènements et les milieux tels qu’ils sont, ou ont été dans la réalité. Je m’autorise certaines libertés. Par exemple, celle de constituer des scènes, d’inventer des enchaînements fictifs là où c’est nécessaire. Cela vaut aussi pour les personnages. Ainsi je ne suis pas sûr qu’il ait existé un responsable de la Résistance nommé Raoul dans le secteur de Broons-Trémorel-Merdrignac. Personne n’a donc lieu de se sentir visé. Toute ressemblance avec des personnes réelles ne peut cependant être totalement évitée. Il ne s’agit pas d’ailleurs de pures coïncidences. L’écriture de fiction vous emmène parfois sur des chemins inconnus et vous y faites de plus ou moins heureuses rencontres. J’ai osé faire parler des protagonistes à la première personne du singulier. Pour ce qui est des scènes moins particulières, je me suis autorisé à écrire à la troisième personne. Pendant l’occupation, il y eut bien au Bois Jouaire un jeune homme protégé des rafles nazies* et sans doute fut-il ainsi sauvé par un autre jeune homme et ses compagnons, d’une déportation programmée. J’ai choisi de les faire parler en personne. On retrouve donc, au milieu de la fiction, un certain nombre de vérités indubitables. Ce qui était mon intention.
P.rec..
Octobre 2006

* Incriminé par le régime de Vichy d'être Irakien, Juif et communiste : à bon entendeur, SALUT !
LES MEULES DE LA RESISTANCE, roman "tapuscrit" est disponible en consultation chez l'auteur.

26.01.2009

Coupe réglée

"Les nouveaux maîtres du monde, multinationaux, ont besoin de discrétion. Les dessous de l'économie sont souvent obcènes, réservés à un public averti. Je ne suis pas cynique, Malone. Pragmatique. Le marché est devenu le champ de bataille d'une nouvelle guerre mondiale. Et dans cette guerre, ce qui est essentiel est discret. Dans l'affaire d'Irak, on ne parle presque jamais du pétrole, et le pétrole est essentiel au quotidien. Tout le reste est de la pâture médiatique. Le spectaculaire, le tragique, le sang, l'exportation tonitruante et vaine de la démocratie, fausse cause et cause perdue, ne sont que des masques montrés aux badauds planétaires et cachant la seule réalité tangible, le pétrole, qui lui, est une vraie cause et pas du tout une cause perdue"

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Michel Rio
in Coupe réglée, Fayard, janvier 2009

25.01.2009

D'un ami

Ne pas confondre


l'écho latéral: testez-vous avec une boule quiès, une seule
l'école latérale: dite buissonnière, se pratique par la tangente
les colles latérales: pour ne pas se perdre pendant les manif
les cols latéraux: bonjour les dégâts!

(Ah, ça ira, ça ira, ça ira!) lire aussi sur Actualités Orange

sensationnal tempest !

Il y a une semaine encore, à peine, les habitants de Gaza subissaient une tempête de feu phosphoré et peut-être même de bombes à uranium appauvri (sic). Les rédactions des "grands" médias ne s'alarmaient pas outre mesure d'être écartées de la zone dite, par les massacreurs de "tsahal", ni ne faisaient pleurer dans les chaumières comme aujourd'hui au sujet de la tempête et de ses dégâts dans le Sud Ouest de la France.
Je sais de quoi je parle, cela dit pour les grincheux, j'ai moi aussi été victime de la tempête, un toit envolé, et je souhaite donc qu'on relativise. Mais c'est trop demander, ça c'est sûr, à toutes ces bonnes âmes qui ne recherchent que des parts d'audience !

Au fait : si on pouvait nous épargner les longues séquences de "micros-trottoirs" avec tous leurs poncifs de caniveaux habituels, ça nous éviterait d'être inondés à notre tour de conneries du genre " on ne voit pas EDF ni les services de la commune !".
Pitié , on paie la redevance, nous autres aussi et même la pub incluse dans le prix d'achat des produits de première et même seconde nécessité !

24.01.2009

De la douceur dans ce monde de brutes (encore un peu)

Trois pousses. La pâte subi trois pousses ; ou, plus exactement, elle en est le siège. Une première au cours de l’opération de pétrissage. Durant le malaxage proprement dit et, aussi le temps qu’elle « repose » entre la fin de celui-ci et le début du pesage et du façonnage. Durant une demie – heure, environ, alors qu’il faut continuer à alimenter le four en gros bois pour le pousser en température, la masse de pâte pétrie commence à gonfler sous la toile de jute dont elle a été recouverte. Elle vit, elle respire. Elle est douce au toucher, la couronne qu’elle forme autour de l’axe central du pétrin est rebondie et je n’ai pas trop le droit de l’importuner en le découvrant un tant soit peu pour la caresser du revers de la main. Je le fais pourtant, profitant de l’inattention passagère de mon père occupé à gaver la gueule le four avide de bois de chauffage. Et puis, cela me donne de l’importance : n’est-ce pas là le geste du professionnel qui vérifie en quelques seconde si tout va bien ?

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23.01.2009

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

c766c7fd9b025d3d197a163fc4a4912b.jpgIl s’est levé de bonne heure. Un boulanger se lève de bonheur. Le boulanger reprend le travail laissé en plan la veille en allumant son four chargé de fagots de bois. Une première séquence d’odeurs pour le jeune garçon qui a décidé d’accompagner son père pour cette fournée de A à Z. Il suit la progression du feu au bruit des craquements des brindilles, puis des plus grosses branches, des triques ensuite. Bientôt une chaleur réconfortante envahit le fournil et son odeur de cendre humide de tout à l’heure. Déjà, le père a découvert le levain tapi au fond du pétrin et qui a levé durant la nuit. Il plonge, il est déjà plongé, dans un monde parallèle. Un monde qui a débuté il y a très longtemps à ses yeux d’enfant : « A l’époque » comme dirait l’autre, comme disent les enfants qui commencent à accéder à la conscience d’un temps historique, bien plus long que celui déjà long de leur propre vie, pourtant si courte encore. Ce monde où, son propre père qui est là, s’employant sous ses yeux, était lui-même dans l’enfance - difficile à réaliser- et qui s’activait en compagnie des « monteurs » venus de la grande ville de Rennes, à la construction si spéciale du four à pain : la voûte, le dallage, la lourde porte en fonte, la citerne en brique sur la gauche de cette belle façade, les mécanismes de tirage. Autant d’exploits techniques qui lui paraissent à lui comme presque magiques tant il n’arrive pas à en concevoir le protocole de construction. Il pourrait bien sûr poser questionner son père à ce sujet. Il faut croire qu’il préfère le flou, le mystère, la douce harmonie de la connivence entre techniciens, ouvriers et manœuvres de circonstance (son père) de cette « époque », ce bon vieux temps où lui n’existait pas encore. C’était avant qu’il ne soit né.

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