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07.06.2008
Une autre vie pour ma mère
Depuis mon mariage, je vis ici, près de la rivière. C’est une boulangerie,. En face, la minoterie. Le tout appartient à la famille. La famille de mon mari. Je ne me sens pas encore chez moi. Chez nous. La rivière, ma seule distraction. Il est vrai que je n’ai pas eu beaucoup l’occasion d’en fréquenter dans ma vie précédente. Chez nous, à Merdrignac, ce n’était pas dans notre proche voisinage que passait l’Hyvet. A part un ruisseau à sec l’été et en pleine activité l’hiver, je n’ai pas la connaissance de ce monde, nouveau pour moi. De toute façon, le loisir de me promener sur les berges ne m’est pas laissé : je dois assurer en permanence le service dans le magasin. Au besoin, je donne un coup de main à mon mari pour les fournées de pain. Je préfère d’ailleurs être bien occupée pour ne pas avoir affaire avec les autres.
Les autres : ceux d’en face, celle d’à côté.
Celle d’à côté : ma belle-mère. La mère de mon mari plutôt. Elle ne se fait pâs à la nouvelle situation matrimoniale. Elle considère que son fils lui appartient. Vient au milieu du repas, lui fait signe de la rejoindre. Conciliabules dont je ne saurai pas un traître mot. Même pas certaine de revoir mon époux pour la suite du repas. Je supporte. Je me retiens de … N’y tenant plus, un jour, je m’enquiers de ce manège. Le ton monte dès le première réplique du fils. Il a choisi son camp. Maintenant, il hurle. Je n’en crois pas mes oreilles. Pour mieux me faire comprendre mon statut d’infériorité, il me vouvoie :
- vous n’êtes pas chez vous ici. Retournez-donc dans vos terres et votre ferme ! Je suis sidérée par tant de violence, de haine et de mépris. La mère triomphe : elle rejoint son rejeton. Elle en rajoute. Je suis détruite. Mon sort est réglé : je devrai me battre ou disparaître. La guerre, un autre guerre commence.
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