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28.05.2008

Demain les mères (suite)

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Personne d’autre que moi ne l’a remarqué, non, chacun est occupé à finir son assiettée, à boire un coup à la dérobée , à reprendre en chœur la chanson lancée depuis tout à l’heure :
« Boire un petit coup c’est agréable !
Boire un petit coup, c’est doux … »
- Alors, elle ne chante pas la mariée ?
- Regarde plutôt là – bas à l’entrée de la pièce …
- Hein, qu’est-ce que tu racontes ?
- Là, le bonhomme qui nous regarde comme si on était une bande de revenants …
- Oh ! mais, le revenant, c’est lui ! c’est pas nous …
- Germain, eh ! Germain, viens donc avec nous, entre, n’aie pas peur ! Regardez qui est là, c’est Germain ! C’est Germain !
- Germain, quel Germain ? Je n’en connaissons qu’un, de Germain, et il est prisonnier en Allemagne, chez les germains, justement … Et la Germanie, c’est pas tout près d’ici, alors, tu parles, Charles…
- Mais, Bon dieu de Bon dieu, puisque je vous dis que c’est Germain, notre Germain à nous, je sais bien ce que je dis, tout comme !
J’ai envie de lui demander de rentrer carrément dans la pièce. Mais, il n’est pas présentable pour un jour de cérémonie comme celle-là. Oh ! puis zut, qui trouvera à y redire. Hein ? Moi, je ne le connais pas ce Germain. Contrairement à beaucoup de ceux qui sont ici, et d’ici, c’est à dire de la commune de mon mari. Alors, quelqu’un va-t-il, comme moi le repérer et l’inviter, ne serait-ce qu’en bout de table ? Mais non, personne ne le remarque, sauf moi, mon conjoint et peut être un ou deux convives mais qui n’ont pas le courage de lui dire d’avancer, ce pauvre prisonnier qui a dû tant souffrir pendant plus de quatre ans en captivité !