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24.05.2008
Demain, les mères (suite)
Puisque ça vous a plu : un extrait supplémentaire (à l'occasion de la féte dé MEURES ?)
Demain, les meures ( à Christian Prigent)
Le mariage avait fini par avoir lieu. Nous étions en décembre 1944. Froid de l’hiver au diapason de celui si rude de l’hiver des années sombres de l’occupation. Seulement, une chose était certaine : nous étions libérés. Fini les traversées du bourg en vélo ou en voiture avec, comme un fardeau d’au moins une tonne, ce sentiment de peur et de honte mêlés de se sentir coupable du fait de devoir supporter chaque jour l’humiliation de la présence ennemie. Peur aussi de la dénonciation, toujours possible, tant la jalousie, la bêtise, la haine des lâches ne demande qu’à se concrétiser. Au grand jour donc, en plein bourg et tout le grand tralala encore !
La photo se prend toujours à la sortie de la messe. Qui est là ? Tout le monde, du moins faut-il l’espérer. Ah ! ben non…, c’est encore un tel et une telle, comme d’habitude qui manque à l’appel. Ah ! j’te dis ! C’est donc bien énervant des choses pareilles. Et c’est tout le temps la même chose : pas moyen de les avoir tous ensemble au même moment, au même endroit. Pourtant, ils le savent, tous autant qu’ils sont que le photographe ne va pas les attendre éternellement !

- Bondieu de bondieu, j’comprends pas ces gens-là moi. Tant pis, on y va quand – même : quand la batteuse est dans la cour, on bat avec c’qu’on a d’battoux, comme on dit par chez – nous.
- ah ! non, pas question que la mère du marié ne figure pas sur la photo de famille, grogne le garçon d’honneur qui n’est autre que le frère du nouveau marié. Vas-y toi, dis-leur que tu n’es pas d’accord avec ceux qui sont si pressés d’aller s’empacoter le frichti d’la noce, lance-t-il à son marié de frère.
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