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19.12.2007
Faut pas payer !
C'est le titre de la pièce créée par l'artiste italien Dario Fo.
Un grand spectacle dans tous les sens du terme; et qui n'en rabat pas d'une once sur la question sociale et politique en Italie. Mais aussi bien en France et quelques autres contrées.
La classe ouvrière, est personnifiée par des femmes et des hommes qui révèlent sur scène leur pleine et entère humanitude. Elle se manifeste sur la base de ses intérêts objectifs : sa survie, ses rêves et ses ambitions d'avenir meilleur. Où il est question de désaliénation et d'émancipation et de pas mal de contradictions qui vont avec. Et croyez moi, ça passe formidablement bien la rampe !
On rit, on grince, on rage, on sympathise et on adhère à cette volonté farouche de se libérer, y compris de ses propres démons.
La pièce, servie par des acteurs et musiciens en pleine forme, mise en scène par un Jacques Nichet révolté, est jouée encore ce mercredi soir à la Passerelle de Saint Brieuc : courez - y !

Quand la grande tradition de la farce italienne se confronte au monde d'aujourd'hui.
À Milan, exaspérées par l'augmentation des prix, des femmes pillent un supermarché. L'excitation monte, les hommes interviennent et ce n'est plus qu'un cri dans le magasin : « Faut pas payer ! ».
C'est la seule de ses œuvres que Dario Fo a intitulée « farce ». À la violence sociale – délocalisation des usines, chômage, faim, perte de logement – il veut répondre par un éclat de rire libérateur. Il fait front et nous demande de ne pas baisser la tête, de ne pas plier devant ce réel qu'il tord devant nous, chauffe à blanc, pousse à bout. Violence et vitalité vont ici de pair. J'ai réuni des comédiens si talentueux et généreux pour cette « comédie italienne »... Ils retrouvent les voies d'un jeu ouvert sur le public, excessif et léger, aussi poétique que le récit du fabulateur. Artiste militant, Fo se sert du théâtre pour débattre. Il fait entendre, d'une voix claire et perchée, la parole de ceux qui n'ont que le droit de se taire. Les luttes sociales – et leurs contradictions – traversent son œuvre.
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