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12.06.2007

Le jour d'après

Vie pratique : quelle drôle d'appellation pour nous ranger en catégories.
Ainsi donc, quand on pratique, on ne réfléchit pas, on ne pense pas ?
Oh ! que si !
(je crois qu'il y avait hier un sujet de philo au bac qui abordait cette question.)
Je dirais pour ma par ceci :
"derrière la main, cherchez la tête ...
et avec la tête, usez de vos mains."
Allez, une deuxième pour la route :
"Et qui sera le gardien de nos existences - on ne saurait les résumer à leur longévité - quand on sait le mépris que nous avons spontanément pour elles ?"
Charles Melman, septembre 2004


Amorce de lecture de
L'HOMME SANS GRAVITE
FOLIO ESSAIS
2004
La poétique du sujet lacanien
Conférence de Charles Melman, psychiatre et psychanalyste
et présentation générale de Camille Dumoulié
(Le texte de ces interventions a été établi à partir de la transcription réalisée par
Corinne Godmer. Qu’elle en soit remerciée)
Camille Dumoulié
Je vous rappelle ce propos de Lacan : « Le prolétaire est serf non pas du
maître mais de sa jouissance. » Cette phrase est d’une richesse considérable. Eh
bien, ce que nous voyons aujourd’hui, c’est précisément cela : il n’y a plus de
maître, dans nos cultures, le patron, c’est la jouissance. De telle sorte qu’on
assiste, si vous me permettez ce commentaire ironique, à une étonnante victoire
prolétarienne que Marx n’avait pas prévue : la prolétarisation de l’ensemble de
la société. Tous prolétaires ! Tous serviteurs ! Tous captifs, obéissants vis-à-vis
de la jouissance ! Le grand événement, comme on l’a déjà montré, c’est qu’il
n’y a plus de jouissance phallique. Il n’y a plus de jouissance aujourd’hui que
de cet objet « construit » à partir des objets partiels, cet objet que Lacan a
nommé l’objet petit a. Nous vivons, en Occident, dans le culte du déshonneur.
L’honneur n’est plus une valeur, ne vaut plus rien sur le marché, paraît désuet,
voire réactionnaire. Rien d’étonnant puisqu’on assiste au triomphe de l’objet
petit a, c'est-à-dire du déchet. Il n’y a qu’à voir à quoi ressemble le style de nos
rapports… Mais, pour s’en sortir, y a-t-il une autre voie ? Je dirai qu’à mon
idée, ce qui vous paraîtra pessimiste, il n’y en a pas. Ne serait-ce que parce que
le voeu profond de l’humanité, c’est de mourir, de disparaître.