06.11.2009

Lafayette, nous voilà !

Lafayette, nous voilà !

 

On n’y prend pas trop garde en passant dans cet endroit de Berlin une première fois. A l’angle de la Französische strasse et de la Freidristrasse, l’une des plus emblématiques rue de la capitale. Bien sûr, on voit bien d’emblée qu’il s’agit d’une immense et contemporaine bâtisse. Mais le but de la sortie étant Gendarmenplatz, on n’y prête pas plus attention que cela. Après tout, depuis trois jours, on n’en est pas à sa première rencontre du genre : le centre Sony sur Potsdamerplatz par exemple. Et puis, il y aura eu   la tour de télévision, l’horloge universelle, la statue de Marx et d’Engels, l’île aux musées, le Dom, la mairie rouge, la fontaine de Neptune et celle, plus moderne qui lui fait pièce. De retour de la Gendarmenplatz, vers notre station de métro, nous n’irons pas au refuge, restaurant curieusement installé dans la chapelle annexe d’une église dite française.

Le guide du routard indiquant que ce vaste espace de la ville de Berlin est comme organisé en quartiers, l’on revient sur ses pas et cette fois on fait plus attention à la cathédrale de verre

On y entre comme dans une galerie marchande, mais tout de suite, on s’y sent environné de bien autre chose que de produits de consommation. Ce lieu est espace de circulation : étages à investir via les escalators, kiosques dédiés au plus grandes marques de produits de beauté, niveau dédié aux produits gastronomiques français : fromages, pain, poissons, viande, pâtisserie, le tout d’abord comme exposé avant de devoir être acheté.

Triomphe du capitalisme sur le socialisme ?

«  Nous manifestions pour une image, celle que nous faisait miroiter la société occidentale, celle, la plus attirante, celle qui nous faisait accepter de laisser derrière nous notre passé à l’Est en étant sûrs d’obtenir la plus-value de l’ouest » dit ces jours-ci un citoyen de l'ex RDA.Cette plus-value – là, celle des produits de luxe et de prestige de Paris, qui peut en jouir ?  certainement ces deux jeunes femmes qui, depuis plus d’une demie-heure  que nous sommes  là se font dorloter par des hôtesses de l’espace Gerlain ou Chanel.Lafayette 2.jpg

Quant à vous, vous vous laissez séduire par cette fantastique tour intérieure aux parois de verre, aspiré que vous êtes par sa partie supérieure et aussi dans un mouvement de recul, parce que trop proche du modèle toboggan par sa partie inférieure. Vous vous contentez d'une prise de vue, prenant garde de bien tenir en main votre appareil numérique.

 

Lafayette 1.jpg

05.11.2009

Train de sénateurs

                    

Par JR 

    Attention à la marche

                          (scène quatrième)

                             Les enchaînés

 

L'auteur des immortelles raffarinades

Que le monde entier nous envie

Nous fait savoir

Suspense

Que le train de sénateurs

Justement célèbre pour sa tortueuse lenteur

Vient de battre un record

Encore un

A vingt-quatre tout ronds dans les voitures et Jean-Pierre au volant

Les élytres du Luxembourg

Sont désormais

Enracinés

En voilà à qui la terre, elle, ne ment pas

04.11.2009

Bons baisers de Berlin !

Chaque jour, Hervé Letellier, écrivain, publie son billet.

Voici celui du 4 novembre 2009

 


Hortefeux envisage un couvre-feu ciblé sur des mineurs délinquants de moins de 13 ans.  Comment reconnaître un délinquant ? 1. On arrête tous les mineurs. 2. Celui qui se rebelle est délinquant.
 
Claude Levi-Strauss est mort à cent ans. Mon fils m’a semblé un peu indifférent. Il est plus déstructuré que structuraliste et porte surtout des Joe’s et des Diesel.
 
Prière d’insérer : la maison Plon nous confirme que Claude Levi-Strauss est bien décédé avant qu’on annonce l’attribution du Renaudot à Frédéric Beigbeder.

--
Hervé Le Tellier
http://www.oulipo.net/oulipiens/HLT

Nous sommes

Ceux-là préparent peut-être un concert de musique concrète à Marianplatz à l'occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin ?

Concert marianplatz.jpg

On peut le penser.

Berlin, ville dans le monde, à ce titre, grain de sable qui grippait sa marche. Berlin ville du monde qui se développe trop sur le modèle de l'annexion plutôt que sur celui de la réunification, me semble-t-il.

N'est-il pas temps de changer de conception politique ?

Qui pourrait bien en être l'initiateur ?

Gorbi.jpg

Je rêve, je sais, mais sans les rêves, on est mort-vivant, je crois bien.

03.11.2009

Nous sommes

Berlin, comme toute grande ville  donne d'abord l'impression de se livrer sympathiquement à vous. Sans doute, parce que, totalement étranger vous avez bien balisé l'itinéraire de votre première arrivée jusque dans la rue où vous allez séjourner une semaine.

Mais voilà que, les jours suivants elle semble se dérober, refuser de tenir ses promesses de découverte. Certainement parce que vous êtes trop confiant du fait de votre première expérience positive en matière de repérage. Voilà que vous perdez pied, alors que vous êtes pourtant à deux doigts de votre destination !

Ce n'est qu'au bout de quelques jours que vous vous sentez une peu plus familier des quartiers et de leurs lieux. Mais il ne s'agit pas cependant de baisser le niveau de vigilance : la ville est si vaste (9 fois Paris !) et ses secrets si bien gardés. Et il faut déjà repartir.

 

Porte de Brandebourg.jpg... et la porte de Brandenburg, ce n'est pas la porte d'à côté quand on doit rejoindre la Bretagne.

02.11.2009

Nous sommes

Nous sommes de Berlin

Nous sommes du monde

 

 

 

Tel est le slogan que nous avons pu lire sur des affiches à Berlin la semaine dernière.

Berlin, ville réunifiée, 20 ans après, qu'en est - il ?

Difficile de le dire vraiment, car à Berlin la semaine passée, aucun, je dis bien aucun berlinois ne nous a parlé de cet anniversaire qui, sans doute se prépare, mais se prépare dans le discrétion. Tout juste quelques indices : cette affiche avec, en visuel, outre ce slogan, le visage rassurant d'un groupe de personnes représentant toutes les générations, une exposition en plein air sur Alexanderplatz, et puis, et puis ...

 

De retour en France, nous nous apercevons que la propagande médiatique va bon train avec, comme au bon vieux temps de la guerre froide, le mélange des genres : des agitateurs qui confondent volontairement les faits et les commentaires (n'est-ce pas France Inter dans le 7-9 de ce lundi ?). Heureusement que dans ce foullis détestable quelques mises en perspectives parviennent à élarger l'angle de vue,  et nous aident un peu à penser le monde ! (voir dernière partie de cette même émission).

Bref, mais peut-on être bref pour parler de Berlin de son passé, de son présent et de son avenir ?

 

En tout cas, une recommandation amicale : si vous le pouvez, passez au moins une semaine à Berlin, ville du monde, ville-monde.

(A suivre)

23.10.2009

Jet d'éponge

Par JR

 

Les épongeurs
Oui, enfin, disons que c'est monsieur père qui jette l'éponge: cela ne va pas empêcher monsieur fils de continuer à assouvir sa soif (qu'il appelle sa "vocation") de "faire" de la politique. Quant à ses études, à sa formation et à sa capacité à exercer un métier, à plus forte raison des responsabilités électives, on peut penser que c'est renvoyé aux calendes grecques. Du reste, mener des études qualifiantes, ce n'est pas vraiment le genre de la maison: le paternel "fait président" de la république (ce sont ses termes).
En attendant, N. Sarkozy va pouvoir (il le devrait) méditer sur les risques à maltraiter quelques notions qu'il n'avait pas eu le loisir d'apprendre et de maîtriser au cours de ses années estudiantines: je gage que l'indignation qui a soulevé le pays, loin d'avoir été l'apanage des intello, des jaloux ou des rivaux potentiels, est montée du peuple, diplômé ou non, qui n'a éprouvé que dégoût devant les manoeuvres des Sarko et Co. (applaudis par les ordinaires courtisans) du régime).

Quel courage, mais, quel courage !

JS Arkodoc :

- Allô Papa bobo !

Papa'S Arkodoc :

- Courage fils, nous sommes des courageux dans la famille, ça, c'est sûr et tu dois le savoir plus que jamais face à ces commentateurs qui commentent !

JS Arkodoc :

-C'est quoi être courageux, ils sont tous méchants contre moi, j'en deviendrais stressé comme à France Télécom, alors, je t'écoute, Papa R'kodoc adoré ...

Papa'S  Arkodoc :

Je sais, je sais, mais t'en fais pas , parrain Hortodoc va parler pour toi sur France 2 ce soir, il a retenu une place chez la Chabot, elle peut plus rien nous refuser celle - là depuis que je l'ai mise black et d'équerre à NY city.

JS Arkodoc :

Je dis quoi, moi, alors, je dis quoi pour finir ?

Papa'S Arkodoc :

- Tu dis ça, justement, ce que tu viens de me dire à l'instant : qu'ils sont tous des méchants contre nous, qu'ils nous visent, que tu réfléchis ( c'est vrai, ça, la preuve fiston que tu téléphones à ton papa, et même que c'est pas au Président de la République des bananés), tu dis aussi que tu as de bonnes idées pour l'EPAD, que tu vas te sacrifier en y siégeant au CA, que tu vas te faire tout petit en attendant des jours meilleurs (tu dis pas en attendant des jours meilleurs bien sûr), tu dis aussi que c'est un choix difficile pour toi ... tu déconnes pas avec la fac, pas d'allusion à tes études, pourquoi lire la Princesse de Clèves pendant qu'on y est ! Ah ! non, pas de repentance, surtout pas. Bon, ça va, là, c'est clair mon bébé doc ?

JS Arkodoc :

- Ah ! merci mon papa doc préféré, ce que c'est que d'avoir une bonne famille et d'en être le fils ! je vais y aller, faut que j'y aille maintenant, c'est l'heure, j'te rappelle après, sur ton portable, tu le laisses allumé, hein, tu promets, Papa Doc ?

 Papa'S Arkodoc :

- Courage, courage et encore courage, tu verras, ça va bien se passer, demain matin, sur France inter, JF Copdoc  t'appelera Jean le valeureux, sis si, promis, il peut rien nous refuser c'ui - là non plus, t'as vu comment je les ai matés hier lui et ses députés UMP sur la taxe pro !

JS Arkodoc :

- Je te laisse, là, c'est vraiment l'heure des journaux TV, et  en plus j'te dis qu'ça : , y'a Tonton qui m'écoute !

 

 

22.10.2009

Bienvenue à Kaboul

- Ah ! bonjour Abdullah abdullah, comme ça tu vas te remettre en campagne, tu crois que tu as tes chances cette fois face à Ahmid Karzaï ?

- Aucune, aucune d'après les commentateurs

- Les commentateurs, les commentateurs, ils commentent, toi tu agis, pas vrai ?

- Si on veut, si on veut, Dieu est grand, son prophète à 20 % est une poussière comme a dit Kouchner.

- A propos de poussière, dis- donc, y'a pas beaucoup de progrès en matière de bitumage dans la capitale !

- Ah je vois, tu voudrais faire valoir ta réputation de rôdeur du bitume toi, t'es un sacré voyageur à ce que je vois.

- Justement, ce voyage retour, figure - toi qu'il m'a été offert par les gouvernements français et anglais, qu'en dis - tu ?

- Veinard que tu es, il paraît que vous n'étiez que 6 à embarquer à Roissy, à moins que ce soit à Lille ?

- Tiens, ça me fait penser que si t'es élu président, je dis bien si t'es élu, tu pourrais peut-être penser à moi et à mes compagnons de charter pour l'ambassade d'Afghanistan à Paris ou à Londres, on est déjà bien connus des autorités là-bas, tu sais ! 

- Je vais y réfléchir, mais à moins de croire aux miracles, vaudrait mieux que tu penses à retourner d'où tu viens. Je sais, t'auras pas d'avion d'ici pas mal de temps, alors, en attendant, tu pourrais faire du stop vers l'ouest. Allez, je te laisse, c'est que j'ai une campagne éclair à faire avant les premières neiges moi. Servir de faire valoir de la démocratie c'est un métier, vois - tu, c'est comme toi, tu subis la loi, c'est la dure loi, mais c'est la loi, comme dit Gloasguen, le tout - puissant du seizième arrondissement de Paris.

21.10.2009

Fiches e fichiers

Par JR

 

 

L UMP juge ahurissante la demande du PS de retrait des nouveaux fichiers de police

Moi aussi je demande le retrait immédiat, sans conditions ni discussion, des deux projets de décrets fignolés par les malades du tout sécuritaire. Je ne suis pour autant ni parlementaire ni chargé de responsabilités politiques: il me suffit d'être citoyen armé de sa mémoire (voir Edvige) et de son expérience pour identifier dans ce nouvel arsenal le vieil objectif liberticide qui était celui du projet précédent et, par exemple, des lois Pasqua d'antan.
Les braillards de l'ump feraient mieux d'assumer, avec arguments et bilans une politique qui une fois de plus vise à ligoter un peu plus les citoyens de ce pays, y compris ceux de treize ans et, plus généralement, tous ceux dont les activités culturelles, sociales, politiques, syndicales ou autres ne plairont pas aux préfets, aux ministres de l'Intérieur (et de la Sécurité), de la justice et, pourquoi pas, de l'Education Nationale ( qui laisse faire les flics, éventuellement avec leurs chiens, quand il s'agit de perquisitionner dans les écoles ou d'y arrêter des enfants de six et huit ans).
Et puis, comme c'est pratique, bien qu'illégal: on va ficher et fliquer sans commission de faits - même susceptibles de conduire à des délits ou crimes...
C'est du délire pur et simple: les députés ump vont avaliser tout ça sans états d'âme

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