27.01.2012

Retenez - moi ou ...

Rien sur le SMIC ni sur les salaires

Rien sur les demandeurs d'asile

Rien sur la modification du rôle de la BCE

Rien sur la montée du péril fasciste en France

Rien de bien convaincant sur l'école (chat échaudé ...)

Pas formidable, tout ça !

De qui et de quoi parlé-je ?

Ce n'est qu'un combat, continuons le début

Faiblesse des paroles, promesse d'actes insignifiants.

25.01.2012

De la difficulté d'être en difficulté

Par JR

                                                            Halte à l'imposture

                                    Chapitre 1: de l'utilité de savoir ce dont on parle

 

Au risque de surprendre, de ramer à contre-courant ou de passer pour un populiste, je soutiens que la notion de difficulté à l'école ne repose sur rien d'objectif ni, à plus forte raison, de scientifique. Sauf cas pathologique, un enfant ne naît pas chargé de déficiences ou d'incapacités: bien au contraire, tout enfant vient au monde armé d'un potentiel d'appréhension, de compréhension et d'acquisition qui se manifeste très tôt et se déploie dès que se constitue et que s'éveille au sein de sa conscience son rapport au monde, aux autres et à lui-même: une telle aptitude, qui est générale et propre à chaque être humain, implique par nature qu'il vive et qu'il se sache vivre en société. En matière de définition, voilà ce qu'on pourrait au plus dire de l'intelligence: celle-ci ne se mesure ni n'est mesurable; le quotient intellectuel, ou QI, est une vieille lune, fausse bien que dangereuse, qui n'a plus cours dans l'Education Nationale mais à laquelle on tient dur comme fer en des pays tels que les USA (où elle cause des ravages dans le système éducatif, le secteur judiciaire et les procédures d'embauche – sans parler du terrain inter-racial).

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Le potentiel dont je parle est essentiellement fait d'un réseau multiforme de fonctions  qui toutes se rapportent au langage, lequel définit le mieux à mon sens ce qu'on entend par être humain, et dont le vecteur est la langue, n'importe quelle langue (il en est 5 à 6000 sur la planète), y compris celles qui paraissent compliquées (il n'y en a pas). Toutes jouent exactement le même rôle, qui consiste tant à structurer l'univers sensoriel, psychologique, social de chacun qu'à construire l'outil qu'elles constituent et qui va, à mesure que grandit l'enfant et que s'étoffe grâce à lui son savoir, lui permettre d'inventer, de maîtriser et de transmettre sa langue, extraordinaire patrimoine qui précède et dépasse le vaste champ socio-culturel que j'ai esquissé. L'exploit que représente l'acquisition de sa langue par l'enfant (tout enfant) est à la mesure à la fois de l'aventure linguistique où il se lance, et qui est celle des signes à crypter et à décrypter, et du monde des sens au sein duquel et sur lequel il va exercer ses connaissances. L'enfant est tellement (et naturellement) apte à parler, à comprendre et à se faire comprendre au moyen de ce que les linguistes nomment le discours qu'il est capable de construire des énoncés qu'il n'a jamais rencontrés. Non qu'il ait, comme il est parfois dit, la science infuse, à savoir un pouvoir (?) inné à s'y mouvoir et à en tirer tous les partis possibles en termes d'expression, d'échange ou de raisonnement: le langage, marque décisive  de l'espèce humaine, n'est pas une faculté physique, symbolique ou philosophique, mais une capacité mentale – celle qui se tient à l'origine de toute saisie par l'abstraction.

La question n'est donc pas de savoir si l'enfant et l'adulte sont également conscients de manier en toutes circonstances de discours des données qui sont du seul domaine de la représentation (la langue ne nomme ni ne décrit ni même n'explique le réel: elle le traduit en le codifiant – ce qui est la plus complexe et la plus belle des réalisations). De ces observations l'on tire aussi la conclusion que les énonciations des locuteurs ne sont ni comparables ni évaluables: c'est à la même langue (lexique, grammaire et syntaxe) qu'ils ont accès ou recours. C'est parce que toutes langues sont systématiques qu'elles s'apprennent; il n'est donc pas de langues étrangères: chacune est par nature langue 2 .On devine par là que la notion de norme est inadaptée: l'enjeu posé, exposé et discuté, accepté/refusé, etc, relève de la grammaticalité énonciative. On se rend compte que la langue est son propre objet et son propre outil; par rapport à la science, même mathématique, elle est unique: elle en constitue le vecteur. C'est tout cela, qui est immense, que conquiert, manie et juge l'enfant.    

 

 

 

24.01.2012

A la recherche de l'objet perdu

Objets perdus, objets cherchés, objets trouvés

 

« Pourtant , j’étais sûr que , je me souviens de …

-         La dernière fois que …

-         T’es sûr de ça, t’es bien sûr ?

-         A moins que … »

Qui n’a pas perdu du temps, gaspillé son temps à chercher, qui ne s’est pas lancé dans une quête éperdue-perdue d’avance à la recherche de l’objet égaré, perdu ?

Et si l’objet en question s’était perdu lui-même ? On n’y pense pas assez, mais les objets ont aussi leur propre vie, et estiment parfois qu’ils n’ont de compte à rendre à personne. Même pas et surtout pas à celle ou celui qui se prend pour son propriétaire. Non mais … !

Objet rebelle qui se fait la belle. Ou bien : vie dissolue des objets disparus, vie disparue des objets dissous ( un objet à dix sous, c’est pas cher, hein ?… !).

 

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme

Qui s'attache à notre âme

Et la force d’aimer ? »

 

Et puis voilà qu’un jour, sans qu’on en décèle les approches, l’objet disparu dont il n’était plus question depuis longtemps réapparaît, comme par enchantement. Ah ben M… alors. Comment se fait-il que je n’avais pas pensé à chercher de ce côté-là ?

Et puis il y a l'objet qu'on n'a jamais cherché. Et pour cause, on n’avait jamais su qu'on l'avait perdu. Bonne pioche !

Ou encore ...

Ou bien encore ....

Pourquoi donc sommes-nous si attachés à ces objets (parfois de peu de valeur) que nous nous obstinons à chercher, rechercher, poursuivre, traquer même,  alors qu'ils nous ont fuis ?

Peut-être sont-ils, sans que nous le sachions, des tuteurs, des accompagnateurs, des familiers, des consolateurs, qui nous assurent et nous rassurent ?

" Pas d'objets sans étai ... pour être, besoin d'étai" nous disent Roland Barthes et Georges Pérec.

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